Forêt des cèdres, 26 avril 2026
Randonnée dans la forêt des cèdres avec ma fille et deux amis.
Il y a des journées où le réel semble avoir un sens de l’humour très précis.
Je marchais à côté de A. et je lui expliquais tranquillement l’un des bénéfices de la randonnée : entretenir l’équilibre du corps, surtout en avançant en âge, pour garder de l’assurance, éviter les chutes, rester mobile.
Au moment exact où je prononce le mot “équilibre”, A. glisse brusquement, les deux pieds en avant, et se retrouve au sol.
Je crois que je n’ai même pas ri sur le moment. J’étais trop surpris. Sidéré, même. Comme si j’avais déclenché la scène par une formule magique très mal maîtrisée.
Un peu plus loin, autre étrangeté : une petite bouteille d’eau bleue et un iPhone posés au bord du chemin. Nous avons d’abord imaginé toutes sortes d’explications, des plus raisonnables aux plus… aventureuses. Puis, en regardant le téléphone, nous avons pu accéder aux contacts d’urgence.
Nous avons fini par joindre une dame, très soulagée. Le téléphone appartenait à un couple de cyclistes, âgés d’environ 80 ans, installés au café à Lacoste. Nous leur avons donc rapporté le téléphone et la bouteille.
Ils nous ont offert un café.
Et voilà comment une simple randonnée devient autre chose : une chute au bon mot, un téléphone retrouvé, une rencontre avec des inconnus qui ne le sont déjà plus tout à fait, et la promesse légère de se revoir peut-être à Lourmarin, un jour de marché, autour d’un autre café.
La forêt des cèdres nous a offert aujourd’hui plus qu’un paysage : elle nous a offert une petite histoire.